Rétrospective cinéma en 3D à la Cinémathèque Française

Publié le par nikko13

A l'heure ou Avatar de James Cameron envahit les écrans, la Cinémathèque Française a eu la bonne idée de programmer un exhaustive rétrospective du cinéma 3D. Après avoir profité de la projection du Crime était presque parfait d'Hitchcock (pour lequel la 3D n'est qu'un atout mineur, apportant de la profondeur de champ et permettant au spectateur de se plonger dans l'appartement servant pour décor), je me suis rué sur la soirée du 18 décembre, consacrée à la 3D dans le cinéma bis. Au menu, un western, du fantastique (vaguement horrifique) et un porno. En avant les critiques...

Comin' at ya!

S’il n’a pas encore sa chronique sur le site de référence qu’est Nanarland, La vengeance impitoyable (en VO Comin’ at ya!) la mérite amplement. Fermement décidé à en donner pour l’argent des spectateurs avides de sensations nouvelles… donc 3D, le cinéaste Ferdinando Baldi a mis la barre haute. C’est bien simple, en l’espace d’une heure vingt, il s’amuse à balancer à la figure du spectateur tout et n’importe quoi ! Ceci mérite un inventaire à la Prévert : mains, crochet, tisonnier, bulles de savons, flèches enflammées, postérieur de bambin (je vous jure), cartes à jouer, sabre, canon de fusil, rats, lances, madrier, chauve-souris en plastique, fourches, serpent, pièces d’or, graines, araignées, fléchettes… Le pompon revient à la séquence finale - voulue tendue - qui nous montre les hommes de main du très méchant Pike (Gene Quintano, futur réalisateur d’Alarme Fatale) s’occuper avec d’autres instruments censés crever l’écran parmi lesquels… un yo-yo ! Fantastique ! Et je ne vous parle pas de la baston finale… Pour arriver à ce point, il faut d’abord gober un scénario parfaitement abracadabrantesque dont la trame est la suivante : après un braquage de banque particulièrement désastreux, HH (Tony Anthony, au charisme d’une époque révolue) et Abilène (Victoria Abril à ses débuts) réalisent qu’ils sont de piètres bandits. Ni une ni deux, ils se font sévèrement bastonner par un quatuor d’honnêtes gens (bah oui). Dans la foulée, le duo décide de se marier mais la cérémonie est brutalement interrompue par deux frères qui enlèvent manu-militari Abilène. La voici retenue avec d’autres jeunes filles, destinées à être vendues aux bordels de la région. Laissé pour mort, HH reprend du poil de la bête et s’engage dans une quête vengeresse (qu’il aura régulièrement tendance à très mal gérer). Au final, Comin’ at ya! est un spectacle très plaisant, garni de séquences marrantes et de dialogues ridicules. Dernier point amusant à signaler : avant le générique de fin est inclus un petit best-of des incursions 3D contenues dans le film. L’occasion de redécouvrir le postérieur du bébé et ce fameux yo-yo (on s’en lasse pas) !

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Parasite

Présenté à l’époque de sa sortie (1982) comme le « premier film de monstre futuriste en 3D », Parasite nous relate les pérégrinations du scientifique Paul Dean qui a eu le malheur d’être infecté par une sale bestiole et qui essaye (tant bien que mal) de trouver le remède. Le voici donc dans un coin perdu de la Californie, tantôt occupé à se défaire d’une blondasse dépoitraillée un brin maboule ou subissant les agressions d’une petite bande de voyous menée par un certain Ricus (oui, dans le futur nous aurons des noms ridicules). N’oublions pas les apparitions d’un sbire du gouvernement, tout de noir vêtu et qui passe le plus clair de son temps à se pavaner dans une Lamborghini Countach (et vas-y que j’ouvre ma portière en élytre à tout bout de champ). Plus connu pour le nombre incalculable de ses productions fauchées que pour son sens de l’image, Charles Band emballe son film sans trop se soucier du rythme. Heureusement, quelques effets 3D viennent sortir le spectateur de sa torpeur. Le plus marquant est sans doute l’empalement d’un figurant par un tuyau métallique. A cet instant, la caméra s’approche jusqu’à ce qu’un filet de sang vienne couler sur les genoux du spectateur. Amusant. De même, lorsque le fameux parasite (dont le design est signé Stan Winston s'il vous plait) se décide à boulotter tout ce qui passe, il s’emploie à le faire de manière spectaculaire : hop elle tombe toute gluante du plafond, vlan elle surgit de la tête d’une de ses victimes ! En vérité, le film est naze mais la plus value 3D et la nullité des dialogues permettent de tenir le choc. Et pour l’anecdote, on trouve dans Parasite une jeune actrice qui deviendra grande, en la personne de Demi Moore !

Le pensionnat des petites salopes

La projection du Pensionnat des petites salopes (Pierre B. Reinhard, 1982)  valait elle aussi le détour. Outre deux donzelles exhibitionnistes (visiblement issues du sérail) qui ont fait l’animation et distrait quelques messieurs dans la salle, il a fallu composer avec une bobine à bout de souffle. Après trois casses plus une belle fonte de pellicule, j’ai bien cru que nous n’en verrions pas le bout. Miraculeusement, ce fût le cas. Dès le générique, l’ambiance est donnée avec un phallus véritablement dansant plein cadre. Renseignement pris, il s’agit de celui de Jean-Pierre Armand (photo), hardeur de compétition accusant 200 films au compteur. La suite se concentre d’abord sur quelques ébats entre pensionnaires avant que deux garçons ne viennent satisfaire tout ce joli monde. Faute d’être décoiffante, la 3D s’invite au détour de quelques plans : un pied en l’air, une guirlande qui rentre dans le champ et plus audacieux encore, une éjaculation filmée de manière frontale. Sorti de ces fantaisies, les séquences s’enchaînent sans grande inventivité, ni qualités esthétiques particulières. Fort heureusement, on retrouve la drôlerie des dialogues (faut le dire vite) typiques des films X de l’époque, notamment un osé "Tiens, le petit Jésus va rentrer dans la crèche" (je vous laisse vous figurer le contexte)...



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nikko13 22/12/2009 21:42

Salut Renger !

Renseignement pris, il semblerait que Western comme La vengeance impitoyable soient des titres alternatifs valables pour ce Comin' at ya!

Tu n'es pas le seul à trouver ce film un brin pénible. Moi j'ai adoré le "n'importe quoi" qu'il véhiculait !