Kinotron: 8th Wonderland

Publié le par nikko13

8th Wonderland

Pour commencer, un petit tour du côté du synopsis : Des millions de personnes disséminées de par le monde et déçues de la manière dont celui-ci évolue décident de s'unir. Toutes guidées par le même désir d'améliorer les choses, de ne plus subir l'actualité sans pouvoir réagir. Par le biais d'Internet, elles créent le premier Pays virtuel : 8th Wonderland. Chaque semaine, tous ses habitants votent par référendum une motion différente... Mais que se passerait-il si les motions de 8th Wonderland devenaient petit à petit plus réactionnaires ? Si sa manière d'agir se rapprochait lentement mais sûrement d'un comportement terroriste ?

Un film français sortant des sentiers battus, polyglotte, d'actualité (le succès d'un Facebook ne peut que venir à l'esprit), plutôt ambitieux dans son propos et volontiers iconoclaste... il convenait de saluer l'effort en se rendant dans une salle obscure ! Pourtant, 8th Wonderland peine à trouver sa vitesse de croisière. La première demie-heure est un petit défi à la patience, tant la présentation des différents personnages tire en longueur, surtout lorsquelle se base sur d'innombrables dialogues face caméra (ou webcam). Autre défaut, peut être amplifié par un budget riquiqui et la difficulté naturelle de représenter des millions de cyber-membres, la sensation que 8th Wonderland se limite à un petit club d'alternatifs transnationaux.

Malgré tout, le réseau se construit, se déforme, connait des succès (l'installation de distributeurs de préservatifs au Vatican) et des avanies (l'arrivée d'un porte-parole autoproclamé du site) dessinant progressivement les véritables enjeux et défis d'une démocratie participative... Le virtuel n'effaçant pas toutes les problématiques morales, religieuses et géographiques ! Par bonheur, Nicolas Alberny et Jean Mach - réalisateurs de l'objet -  parviennent à troquer des scènes lourdingues (l'entourloupe d'une traductrice opposant russes et moyen-orientaux à propos de centrales nucléaires) pour des ressorts plus raffinés ou impactants (l'élection d'un ambassadeur et sa montée en puissance, le chantage ignoble fait aux principaux décideurs mondiaux). Résultat, 8th Wonderland devient un véritable thriller politique fiction et s'achève sur une bien meilleure note.

J'ajoute que les amateurs de curiosités seront ravis de trouver quelques caméos amusants : Nikos Aliagas parlant grec, Amanda Lear l'italien... et Julien Lepers toujours accroché à ses fiches de Questions pour un Champion !

Mad Films Laetitia Noyon. Mad Films



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ffred 06/06/2010 19:57

Un exercice de style à la française, pas parfait mais intéressant...