Kinotron: La Horde

Publié le par nikko13

La Horde

La volonté de proposer un film « putain de badass » est elle soluble dans la salle de projection ? Hélas, je vais devoir répondre par l’affirmative. Mais attention, Yannick Dahan et Benjamin Rocher conduisent leur bébé à un niveau respectable dans le classement des films de genre cocorico. Comprenez que Calvaire et Maléfique sont plus dans le voisinage que Frontière(s) et autres navets. D’abord, il y a le postulat de départ. Quatre flics s’infiltrent dans un immeuble de banlieue désaffecté afin de venger la mort de leur collègue. Face à une bande de voyous sans pitié, le règlement de compte tourne vite au fiasco… Mais très vite, ce petit monde doit revoir ses positions car un virus semble avoir transformé la population en véloces zombies assoiffés de sang.  Une pincée de 28 jours plus tard, une louche de La nuit des morts-vivants et un zeste de La nuit du jugement… Comment ne pas avoir l’eau à la bouche ? Quand en plus l’exposition tient la route, que certains combats dépotent sévère (Claude Perron dézinguant à mains nues une créature !!!) et que les effets spéciaux ont de la gueule, tous les espoirs sont permis. Hélas, La Horde souffre également de diverses lacunes (dont pas mal d’erreurs de jeunesse, donc très pardonnables) a commencer par son casting. Certes, Jean-Pierre Martins et Eriq Ebouaney ont de véritables gueules, mais leur jeu patine horriblement. Le premier anone ses répliques sans conviction (dont pas mal de « Enculés !!! ») et le second en fait trop dans le « regard intense qui tue ». Heureusement que Claude Perron, Jo Prestia et Yves Pignot (en roue libre en papy crado nostalgique de la guerre d’Indochine) viennent compenser un peu. On aurait aimé que ce petit monde, au-delà du dégommage de zombies, soit animé par un quelconque enjeu. Problème, à part foutre le camp de l’immeuble, il n’y pas grand-chose à se mettre sous la dent. Entre deux séquences choc, Dahan et Rocher nous infligent des tensions / trahisons  / clashes redondantes, à base de phrases qui tuent (faut le dire vite) et de gros plans sur les visages marqués des protagonistes. Saoulant. Le dernier reproche – mais que cela ne vous dispense pas d’aller voir ce spectacle candide et énergique – ira au dernier acte, surchargé, brouillon (un garde-manger dans le sous-sol ? un massacre à la sulfateuse dans une coursive ou les corps disparaissent d’un plan à l’autre ?). Problème de dosage classique de la part de geeks cinéphiles qui passent derrière l’œilleton. Qui trop embrasse mal étreint. Mais on vu bien pire !

Jean-Pierre Martins. Le Pacte Le Pacte



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