Kinotron: Centurion

Publié le par nikko13

Centurion

Ayant acquis une certaine réputation avec le survival horror The Descent, Neil Marshall a eu le bon réflexe de la mettre à profit pour s'embarquer sur des projets risqués voire totalement barrés. Pour s'en convaincre, il faut voir son Doomsday, délire post-apocalyptique garni de punks cannibales et de timbrés moyenâgeux clôturé par une course poursuite dantesque au volant d'une Bentley. Une perle généreuse en gore et ambiances baroques.

Aujourd'hui débarque Centurion, avec une distribution indigne (7 salles en tout et pour tout) en disant long sur l'intérêt porté par Pathé, pourtant producteur de l'objet. Si le film est un peu moins spectaculaire que Doomsday, il reste tout à fait fréquentable et porte incontestablement la marque de son géniteur. Centurion raconte les difficultés d'une légion romaine stationnée aux confins de l'actuelle Angleterre faisant face à la terrible tribu des Pictes. Quintus, seul survivant d'un premier affrontement accompagne la 9ème légion dirigée par le Général Virilus dont la mission est de mater les rebelles. Trahis par une Picte infiltrée, la légion se fait littéralement massacrer. Virilus étant pris en otage, Quintus et quelques rares rescapés se décident à le libérer, mais l'opération tourne mal. Traqué et confronté à un nature hostile, le groupe tente de rejoindre les lignes romaines.

Par signature, je voulais indiquer que Neil Marshall n'a rien perdu de son goût pour le sang. Attention les yeux car dans Centurion on décapite, on transperse et on fracasse avec générosité. Le combat entre Pictes et Romains qui conclut le premiers tiers du film est un véritable festival d'hémoglobine et de corps démembrés. Le reste du métrage se focalise sur une course poursuite animée par une réduction régulère des effectifs romains. Dans l'ombre d'un climax finalement trop vite amené, Centurion s'emploie à l'illustration du cahier des charges d'une bonne vieille traque : dissentions et trahisons au sein des romains, leader Picte surnaturellement douée pour débusquer ses ennemis (sauf quand ils sont sous son nez, pas de bol) et nature pas commode entre précipices, étendues neigeuses et loups affâmés. Installé dans le décrescendo, Centurion se prend les pieds dans la toge avec une très évitable romance express entre Quintus et une jolie blonde totalement hors contexte (elle semble sortie du moyen âge). Heureusement qu'une ultime "battle royale" énergique en dépit d'un aspect fauché vient remettre les pendules à l'heure ! Côté interprétation, on ne peut pas dire que ce soit la folie furieuse puisque les têtes d'affiche Michael Fassbender et Dominic West ne font pas vraiment preuve de charisme. Heureusement que Olga Kyrulenko en sauvageonne revancharde vient mettre son grain de sel ! Bref, Centurion est un honnète divertissement mais qui aurait gagné à être un peu vérouillé par son metteur en scène (qui s'est visiblement trop amusé à mettre en boîte les innombrables plans d'hélicoptère qui émaillent le film).

Olga Kurylenko. Celador Films Celador Films



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Online Degree 23/08/2010 13:47

Great and nice post thank you.